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C’est le 3 juillet. Vous avez fermé votre ordinateur avec le sourire. Deux semaines de vacances en famille, enfin.

Le 5 juillet. Votre ado est avachi sur le canapé depuis 48h, les yeux rivés sur son téléphone, grogne à chaque tentative de conversation, et vient de vous lancer un « c’est nul ici » qui résonne encore dans le couloir.

Bienvenue dans les vacances avec un adolescent.

Si cette scène vous parle, vous n’êtes pas seul(e). La cohabitation 24h/24 avec un ado — qui fonctionne à l’envers de vous, qui s’ennuie à voix haute, et qui a une opinion tranchée sur tout — c’est un vrai défi. Même quand on aime son enfant plus que tout.

Bonne nouvelle : avec quelques ajustements simples, l’été peut redevenir un moment de vraie connexion. Voici mon kit de survie en 7 points.


1. Négociez les règles AVANT le départ (pas le premier soir)

Le piège classique : tout le monde part en vacances sans avoir posé les bases, et les premières tensions arrivent dès le lendemain sur les horaires de réveil, les écrans, les sorties.

Ce que je conseille : Avant de partir, 20 minutes de « réunion de famille » pour poser 3 ou 4 règles non négociables (ex : un repas ensemble par jour, pas d’écrans à table, heure de rentrée le soir). Pas plus. Trop de règles = rébellion garantie.

L’idée n’est pas d’imposer, mais de co-construire. Un ado qui a participé à l’élaboration des règles les respecte infiniment mieux.


2. Acceptez l’ennui — il est utile

« Je m’ennuie. » Cette phrase peut vous rendre fou. Résistez à l’envie de proposer immédiatement une activité pour combler le vide.

L’ennui chez l’adolescent n’est pas un problème à résoudre — c’est un espace de maturation. C’est dans ces moments que votre ado va trouver ses propres ressources, rêvasser, créer, ou tout simplement se déposer.

Ce que vous pouvez faire : Répondre une fois, calmement : « Je comprends que tu t’ennuies. Qu’est-ce que tu pourrais faire ? » Et laisser le silence travailler.


3. Les écrans : ni guerre, ni capitulation

C’est le sujet de conflit numéro 1 pendant les vacances. Votre ado voudrait être sur son téléphone 24h/24. Vous voulez qu’il « profite » et « décroche ».

La réalité : les deux positions sont compréhensibles — et les deux à l’extrême sont contre-productives.

Mon conseil : Des plages horaires définies ensemble (ex : pas d’écran le matin avant 10h, pas d’écran pendant les repas, pas d’écran après 22h). En dehors de ces créneaux, pas de guerre. L’énergie que vous économisez sur les batailles d’écrans, vous la reinvestissez dans les vrais moments de connexion.


4. Proposez des activités « à côté » plutôt que « face à face »

Vous voulez passer du temps avec votre ado. Lui aussi — mais il ne le montre pas comme ça.

Les adolescents se connectent beaucoup plus facilement dans des activités parallèles (faire quelque chose ensemble sans se regarder dans les yeux) que dans des conversations frontales. Une balade, cuisiner ensemble, regarder une série, jouer à un jeu de société.

La règle d’or : Proposez une fois, sans insistance. Laissez la porte ouverte. Souvent, il viendra de lui-même — dix minutes après avoir dit non.


5. Réservez-vous du temps pour vous — sans culpabilité

Les vacances ne signifient pas être disponible 24h/24 pour votre famille. Un parent épuisé, surchargé, qui n’a pas eu cinq minutes pour lui — c’est un parent qui s’embrase au moindre accrochage.

Posez dans votre agenda (vraiment, notez-le) : une heure par jour qui est la vôtre. Lecture, sport, sieste, café seul(e). Ce n’est pas de l’égoïsme — c’est de la régulation émotionnelle préventive.


6. Face aux conflits : sortez de la pièce avant de sortir de vos gonds

Les vacances décuplent les frictions. Vous êtes ensemble, tout le temps, dans un espace réduit. La mèche est plus courte pour tout le monde.

Quand vous sentez la tension monter — cette chaleur dans la poitrine, ce début d’agacement — quittez physiquement la pièce avant de répondre. 5 minutes. Une respiration. Revenez quand vous êtes en mesure de parler, pas de réagir.

Ce réflexe simple évite 80% des disputes qui dégénèrent.


7. Cherchez un moment de connexion par jour — juste un

Pas besoin d’un programme chargé ou d’une activité mémorable. Un moment de connexion par jour, c’est suffisant pour maintenir le lien pendant les vacances.

Ça peut être : un café du matin partagé en silence, dix minutes à regarder des vidéos sur son téléphone avec lui (son univers, pas le vôtre), un fou rire sur une série, une conversation en voiture.

Ces micro-moments s’accumulent. Ce sont eux dont votre ado se souviendra.


Et si malgré tout, c’est vraiment difficile ?

Parfois, les vacances révèlent des tensions plus profondes — une communication qui s’est cassée, un ado qui souffre, une relation parent-enfant qui s’est abîmée progressivement.

Si vous rentrez de vacances plus épuisé(e) qu’à votre départ, si les conflits sont quotidiens et violents, si vous sentez que vous avez perdu le contact avec votre enfant — ce n’est pas une fatalité. C’est le signal qu’un accompagnement peut faire une vraie différence.

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Emmanuelle Dumont est coach familiale spécialisée dans les adolescents, fondatrice de Capitaine Étincelle à Lorient. Depuis 27 ans, elle accompagne les familles à retrouver une relation apaisée et complice avec leurs ados.